Nous communiquons tous, tout le temps : avec nos proches, nos collègues, nos clients, nos amis… Pourtant, malgré nos bonnes intentions, il nous arrive souvent de mal nous faire comprendre ou de créer des tensions involontaires. Apprendre à mieux communiquer, ce n’est pas seulement savoir bien parler. C’est surtout savoir écouter, reformuler, ressentir et clarifier nos intentions.
Voici les erreurs de communication que je rencontre le plus souvent dans mes accompagnements… et quelques clés pour les éviter avec plus de douceur et de justesse.
1. Supposer au lieu de questionner
Quand l’interprétation prend le dessus
L’une des erreurs les plus fréquentes est de croire savoir ce que l’autre pense, ressent ou veut dire. On interprète un silence comme un désintérêt, un message bref comme une agression, un regard comme un jugement. Résultat : on réagit non pas à ce que la personne a réellement exprimé, mais à ce qu’on projette sur elle.
“Combien de fois avons-nous démarré une dispute simplement parce qu’on a cru comprendre quelque chose… sans jamais le vérifier ?”
Comment éviter cette erreur ?
Prenez l’habitude de poser des questions ouvertes :
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« Quand tu dis ça, qu’est-ce que tu veux dire exactement ? »
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« Comment tu te sens dans cette situation ? »
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« Est-ce que je peux te dire comment j’ai compris ton message, pour vérifier si je ne fais pas de fausse interprétation ? »
L’écoute active et le questionnement bienveillant désamorcent de nombreux malentendus.
2. Parler sous le coup de l’émotion
Réagir sans prendre de recul
Quand la colère, la tristesse ou la frustration prennent le dessus, notre communication devient souvent accusatrice ou défensive. On envoie des piques, on hausse le ton ou on se ferme complètement.
Ce type de réaction empêche un dialogue constructif et peut blesser l’autre, ce qui crée un point de rupture.
“Communiquer depuis l’émotion brute, c’est comme essayer d’éteindre un feu avec de l’essence. On ne se sent pas mieux, et l’autre non plus.”
Comment éviter cette erreur ?
Donnez-vous la permission de faire une pause émotionnelle. Respirez, éloignez-vous quelques minutes, identifiez ce que vous ressentez vraiment avant de vous exprimer.
Puis revenez avec un message plus aligné :
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« Je me sens débordé.e, j’ai besoin de prendre du recul avant qu’on en parle. »
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« Ce que tu dis m’a touché.e, j’ai besoin d’un moment pour digérer. »
C’est un acte de responsabilité, pas de fuite.
3. Utiliser des généralisations
« Tu ne m’écoutes jamais ! » « On ne peut jamais discuter avec toi ! »
Les phrases contenant « toujours », « jamais », « tout le monde », « personne » sont très fréquentes… et souvent sources de conflits. Elles ont tendance à figer l’autre dans un rôle, à mettre son interlocuteur sur la défensive et à sous-estimer la complexité des situations.
“Derrière une généralisation, il y a souvent une douleur qui n’a pas encore trouvé les bons mots pour s’exprimer.”
Comment éviter cette erreur ?
Essayez de formuler vos ressentis de manière factuelle et nuancée. Parlez en votre nom :
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« J’ai eu la sensation que tu ne m’écoutais pas ce matin et ça m’a blessé.e. »
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« Hier, quand tu as coupé la conversation, j’ai ressenti de la frustration. »
Reformulez votre message en “je” : « Je me sens… parce que j’ai besoin de… » plutôt que « Tu es… ».
4. Ne pas véritablement écouter l’autre
Entendre n’est pas écouter
Combien de fois avons-nous écouté uniquement pour répondre, argumenter ou défendre notre point de vue ? L’autre parle, et pendant ce temps, on prépare déjà notre réplique intérieure. On n’est pas vraiment présent.
Ce manque d’écoute coupe la connexion réelle avec l’autre. Elle peut donner à l’autre l’impression qu’il n’est pas entendu ou compris, ce qui génère incompréhensions et repli sur soi.
“L’écoute profonde, c’est offrir à l’autre un espace d’accueil sans condition. Ce n’est pas facile à faire, mais c’est indispensable.”
Comment éviter cette erreur ?
Entraînez-vous à écouter sans interrompre, sans conseiller, sans juger. Offrez des silences. Reformulez ce que l’autre dit pour vérifier votre bonne compréhension :
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« Si je comprends bien, tu te sens… parce que… ? »
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« Ce que tu veux me dire, c’est que… ? »
C’est un acte simple… mais profondément réparateur.
5. Oublier le non-verbal
Ce que le corps dit en silence
Notre communication ne passe pas uniquement par les mots. Le ton de la voix, la posture, le regard, les silences, tous ces éléments influencent la façon dont notre message est perçu.
On peut dire « tout va bien » avec un sourire crispé, les bras croisés et le regard fuyant… et tout dans notre corps dira l’inverse.
“Le corps ne triche pas. Il parle en permanence, même quand on se tait.”
Comment éviter cette erreur ?
Prenez conscience de votre langage corporel. Durant la formation en CNV, je vous aide à observer ce que votre posture ou votre voix peuvent révéler sur vos ressentis profonds.
De même, soyez attentif aux signaux de l’autre : parfois, un simple changement d’expression ou une respiration plus courte peuvent indiquer un inconfort ou un besoin non exprimé.
Cultiver une communication consciente
La communication bienveillante ne consiste pas à tout dire « gentiment » ou à éviter les conflits. Elle consiste à oser être vrai, à écouter sincèrement, à accueillir la parole de l’autre avec curiosité. Elle demande de l’humilité, de la présence… et de la pratique !
“Bien communiquer, ce n’est pas avoir toujours raison, c’est apprendre à rester en lien même dans les désaccords.”
En accompagnement individuel ou lors d’ateliers, j’intègre souvent des exercices de communication consciente, pour vous aider à développer des relations plus authentiques, fluides et respectueuses.
Communication bienveillante : ce que nous abordons en formation
Si ces pistes vous parlent, sachez qu’il est tout à fait possible d’approfondir cette démarche à travers un accompagnement structuré.
J’ai conçu la formation “Développer son intelligence émotionnelle pour mieux communiquer” pour vous aider à expérimenter une communication plus consciente et bienveillante, tant dans votre vie professionnelle que personnelle.
Objectif : comprendre ce qu’est le stress, mieux le vivre, et découvrir les fondements de la communication non violente (CNV) pour cultiver des échanges respectueux, apaisés et authentiques.
« Mieux communiquer, c’est aussi mieux se connaître, mieux écouter, et oser être en lien autrement. »