Que ce soit avec nos enfants, au sein de notre couple ou même lors d’un échange au travail, nous avons tous connu ces moments où la tension monte sans que nous l’ayons vraiment voulu. On se sent incompris, on s’agace, et la communication se coupe.
Pourtant, il existe une alternative pour transformer ces échanges : la Communication Non Violente (CNV). Que ce soit dans la sphère privée ou professionnelle, la CNV est un art de vivre qui s’applique à chaque instant de notre vie quotidienne, et qui demande de la pratique.
Sortir du pilotage automatique de notre cerveau
Notre cerveau adore économiser de l’énergie : il crée des habitudes, des routines et des réactions réflexes pour nous faire gagner du temps.
Si ce mécanisme est utile pour conduire une voiture sans réfléchir, il est souvent préjudiciable pour nos relations. En mode automatique, nous perdons de vue les messages de notre corps et de nos émotions. Nous finissons par prendre des décisions par défaut ou par réagir sans réfléchir, sans véritablement choisir notre réponse.
Les mécanismes qui nous enferment
Certains schémas de pensée entretiennent ce mode automatique et nous confortent dans l’impression de ne pas pouvoir faire autrement. C’est le cas lorsque :
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On nie notre responsabilité : « C’est comme ça, je n’ai pas le choix ».
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On agit par obligation : « Je dois faire le ménage » au lieu de voir le besoin de clarté derrière cette action.
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On s’enferme dans des croyances limitantes : « De toute façon, il ne m’écoute jamais ».
Exemple concret :
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Vie personnelle : Au lieu de dire « Je suis obligée de préparer le dîner alors que je suis épuisée » (position de victime), la CNV nous invite à dire « Je choisis de préparer le dîner car j’ai à cœur que ma famille mange sainement, même si je sens que mon besoin de repos est fort ce soir ».
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Vie professionnelle : Au lieu de « C’est sa faute, il rend toujours ses dossiers en retard », on peut se dire « Je me sens inquiet car j’ai besoin de coopération pour respecter les délais ».
Les émotions : un langage à apprendre
Pour sortir de ces schémas, il faut comprendre que l’émotion est un langage. Apprendre ce langage, c’est s’offrir une boussole pour naviguer dans notre environnement.
Comprendre vos émotions vous permet d’anticiper une situation, de résoudre un conflit ou d’exprimer un besoin non satisfait. C’est ce que l’on appelle le triangle cognitif : nos pensées (filtres et jugements), nos émotions (agréables ou désagréables) et nos comportements (actions ou réactions) sont intimement liés.
L’émotion est là pour notre survie. Elle traduit ce que nous vivons :
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Perception : je vois ou j’entends quelque chose (mes sens).
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Pensée : mon cerveau interprète l’événement (mes croyances, mes jugements).
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Émotion : je ressens une tension ou une joie (le message).
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Action : j’agis ou je réagis de façon bienveillante… ou violente.
Les 4 étapes de la CNV pour une connexion efficace et bienveillante
L’intention de la CNV n’est pas d’obtenir ce que l’on veut à tout prix, mais de rechercher la qualité de la connexion avec l’autre.
Pour cela, nous utilisons quatre étapes :
1. Observer les faits sans juger
L’idée est de décrire la situation de façon neutre, comme le ferait une caméra. On se contente des faits, sans y ajouter d’opinion.
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Au lieu de : « Tu laisses toujours traîner tes affaires. »
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Dites : « J’ai vu tes chaussures au milieu de l’entrée ce matin. »
2. Exprimer ses ressentis
Ici, on utilise un vocabulaire affectif pour dire ce que l’on ressent (peur, inquiétude, frustration, fatigue). Partager sa vulnérabilité permet de faire redescendre la tension.
Exemple : « Je me sens découragé et fatigué quand je vois cela. »
3. Identifier ses besoins
Plus vous réussirez à relier votre émotion à un besoin (besoin d’ordre, de soutien, de reconnaissance), plus l’autre pourra vous comprendre avec empathie.
Exemple : « J’ai besoin de clarté et de calme dans les espaces communs pour me sentir serein. »
4. Formuler une demande concrète
Une demande en CNV doit être précise, porter sur l’instant présent et être exprimée en langage positif. Surtout, elle doit laisser le choix à l’autre (ce n’est pas une exigence).
Exemple : « Serais-tu d’accord pour ranger tes chaussures dans le placard avant d’aller jouer ? »
Redevenez acteur de vos relations
Adopter la CNV au quotidien demande de la pratique et de la patience envers soi-même. C’est un apprentissage qui nous permet de redevenir acteurs de notre vie plutôt que de subir nos automatismes. En apprenant à écouter ce qui se joue en nous, nous offrons aux autres la possibilité de faire de même.
À lire aussi : Quelles sont les 4 étapes de la Communication Non Violente ?
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